Programme avec une maitrise / chœur d'enfants

Depuis maintenant 20 ans, Canticum Novum développe un projet musical construit autour de l’interculturalité, cherche à mettre en valeur la musique comme source de réciprocité et d’écoute, la rencontre des hommes et des cultures comme ferment de co-création et le dialogue. Dans ces projets, chaque musicien formant ce collectif, avec les contraintes de son instrument, s’approprie la culture de l’autre pour en être une résonance.

Comme une « arche » accueillant la diversité de nos cultures, de nos instruments, de nos mélodies et de nos tempéraments, Emzara, la nouvelle création de Canticum Novum, tente de montrer cette mise en mouvement des musiciens les uns vers les autres et de faire entendre cette résonance vivante de ces rencontres singulières, à l’écoute de chants et de danses de l’Italie, des Balkans et de la France des XVe et XVIe siècles, période de l’histoire européenne marquée par de grandes migrations, d’une Europe en pleine transformation à l’orée des grands mouvements culturels de la Renaissance…

Emzara (nom donné à l’épouse de Noé dans le livre des Jubilés) questionne de manière sensible ce qui met l’homme en mouvement faisant indéniablement écho à la situation contemporaine. 

« La méditerranée a été de tout temps zone de brassage. La période médiévale a vu s’y déployer bien des migrations, proches par leurs caractères des grands déplacements humains de l’époque contemporaine : flux et reflux des marchands italiens allant s’installer dans les comptoirs d’outremer ; migrations forcées des Arméniens en Cilicie, ou des juifs espagnols cherchant refuge dans l’empire ottoman, etc.  Les motivations sont multiples, de même que les itinéraires empruntés. »
Michel Balard dans Migrations et Diasporas méditerranéennes (Xe – XVIe siècles)

Avec Emzara, Canticum Novum souhaite questionner non pas la migration mais la terre d’accueil et mettre en perspective nos territoires d’Europe occidentale (France, Italie & Espagne) et trois cultures migrantes  (Arménienne, Grecque et Andalouse) contraintes à l’exil suite à la chute de Constantinople (1453) et la chute de Grenade (1492).

Le programme Emzara est construit autour de deux Lamentations : la lamentation sur la chute de l’Église de Constantinople de Guillaume Dufay et une lamentation sur la chute de Constantinople issue de la tradition populaire grecque des thraces. Autour de ces deux œuvres, le choix musical se veut diversifié : berceuses et danses d’Arménie, poèmes mystiques Andalou (Mohasha syrien), tradition populaire grecque, monodies et polyphonies d’Europe occidentale, donnant une image multiple et colorée de ces territoires d’Europe occidentale accueillant les migrants venus d’orient et poussant à l’exil les séfarades et les andalous vers l’orient et le sud.

Dans tous les cas la musique nous raconte au fil de l’histoire humaine et en particulier dans ces périodes mouvementées de la fin du Moyen-Âge que l’accueillant reçoit et l’accueillit transmet créant ainsi des échanges riches et laissant une empreinte forte sur le territoire d’accueil.

For 20 years now, Canticum Novum develops a musical project built around interculturality. It seeks to value music as a source of reciprocity and listening, as an opportunity for peoples and cultures to meet through a catalyst for cocreation and dialogue. Through these projects, each musician that belongs to this collective, with the limitation of his or her instrument, appropriates the other’s culture to be a resonance of said culture. Like an “ark” that welcomes the diversity of our cultures, of our instruments, of our melodies and of our temperaments, Emzara – the new creation of Canticum Novum – tries to show this setting in motion of musicians towards each other and to give the opportunity to hear this lively resonance of singular encounters;  listening to songs and dances from Italy, the Balkans and France of the 15th and 16th centuries, a period of European history marked by great migrations, of a Europe in full transformation and on the brink of great cultural movements of the Renaissance …

Emzara (name given to the spouse of Noah in the book of Jubilees) questions in a sensible manner that which puts people in movement by making an undeniable echo to the contemporary situation.

The Mediterranean world was and remains a place of profound changes, only a difference in scale really separates the upheavals of today from those of yesterday.

The Mediterranean has always been a zone of intermingling. The medieval period saw the developments of migrations, with characteristics that are similar to those of the great human displacements of contemporary times: the ebb and flow of Italian merchants that installed themselves in overseas trading posts; forced migrations of Armenians in Cilicia, or of Spanish Jews that looked for refuged in the Ottoman Empire, etc. The motivations are many, just as the itineraries that were undertook.

With Emzara, Canticum Novum wishes to question not only migration but also the welcoming land and put into perspective three Western European territories (France, Italy and Spain) and three migrant cultures (Armenians, Greeks and Andalusian) subject to exile after the fall of Constantinople (1454) and of Granada (1492).

The Emzara program is built around two Lamentations, the lament for the fall of the Church of Constantinople of Guillaume Dufay – a grand musical personality of the beginning of the Renaissance – and a lament for the fall of Constantinople that came from the popular tradition of the Greeks from Thrace (oriental point of Europe). Around these two works, the musical choice is to be diversified: lullabies and dances from Armenia, Andalusian mystic poems (Syrian Mohasha), popular Greek tradition, monodies and polyphonies from Western Europe – which gives a many-sided and colorful portray of these territories from Western Europe that welcomed migrants from the East and that pushed to exile the Sephardic Jews and Andalusians to the East and South.

In every case, music tells us – across human history and in particular during these periods of movements of the end of the Middle Ages – that the welcoming receives and that the welcomed transmits; creating in this way rich exchanges and leaving a strong legacy on the welcoming territory.

Une création contemporaine had hoc de Zad Moultaka

Pour la première fois depuis la création de l’ensemble en 1996, Emmanuel Bardon  explore une nouvelle esthétique celle de la création contemporaine, en associant à ce projet un compositeur de renom : Zad Moultaka. Le programme Emzara, initialement construit autour de deux lamentations est entrecoupé d’une création ad hoc pour les 15 musiciens de Canticum Novum.

Cette pièce intitulée Ard d’une dizaine de minutes a été créée le Samedi 30 Juin 2018, en présence du compositeur, dans le cadre du festival Les Traversées de l’Abbaye de Noirlac.

Cette nouvelle collaboration s’inscrit dans la continuité du projet global de Canticum Novum : les musiciens de l’ensemble questionnent les mémoires individuelles et collectives en s’appropriant des répertoires et en les interprétant sous le prisme de chaque instrument et de chaque personnalité. Il n’es pas question de restituer des œuvres stricto sensu mais d’en proposer des interprétations sensibles et vivantes.

Avec la commande de Zad Moultaka, la démarche de l’ensemble reste la même : il s’agit de connecter une transmission patrimoniale avec le monde contemporain et de créer une résonance sensible entre ces deux pans de l’histoire.

Distribution

14 musiciens :

Barbara Kusa, Hélène Richer, Emmanuel Bardon – Chant / Gwénael Bihan – Flûtes à bec / Isabelle Courroy – Flûtes kaval / Emmanuelle Guigues – Vièle & Kamensheh / Valérie Dulac – Lyra & Vièles / Nolwenn Le Guern – Vièles / Aliocha Regnard – Nyckelharpa & Fidula / Spyros Halaris – Chant, Luth & Kanun / Khaled Aljaramani – Oud & chant / Philippe Roche – Oud / Ismaïl Mesbahi, Henri-Charles Caget – percussions

Programme

Durée : 1h15 sans entracte

Istampita Amor Per Ti Sempre – Joannes Ciconia (1335-1411) – Italie // No vo comer – Romance Séfarade – Sarajevo  // Almasde chogoun éTraditionnel – Arménie // Apopse ta mesanychtaTraditionnel Sinassos de Cappadoce – Grèce // Bülbül al Afrah/Jalla man – Moachah Andalou – Syrie // Dindirindin – Cancionero del Palacio fin XVe – Espagne // Lamentatio Sanctae Matris Ecclesiae Constantinopolitanae Guillaume Dufay (1397-1474) – France // J’ay advisé ung rosier – Manuscrit de Bayeux  (fin XVe) – France // Mardigui yerké Traditionnel Arménie

« ARD » – Zad Moultaka – création pour Canticum Novum

O yorgalakis – Traditionnel du Mont Pélion – Grèce // Caçando un giornoJoannes Ciconia – Italie //  Romania Parthen – Lamentation sur la chute de Constantinople – Grèce  // TamzaraTraditionnel – Arménie // O Felix Templum Jubila – Joannes Ciconia – Italie //  Ahwa kamaran – Mouachah Andalou – Syrie //  Fleur de gaieté – Manuscrit de Bayeux – fin XVe – France // Vecchie LetroseAdrian Willaert  (1390-1462) Italie

Mentions

L’ensemble Canticum Novum est conventionné par le Ministère de la Culture DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de la Loire en Rhône-Alpes et la Ville de Saint-Étienne.

Canticum Novum reçoit ponctuellement l’appui de l’Adami. L’Adami gère et fait progresser les droits des artistes-interprètes en France et dans le monde. Elle les soutient également financièrement pour leurs projets de création et de diffusion.

Canticum Novum reçoit par ailleurs le soutien régulier du FCM et de la SPEDIDAM.

Art/Scène Diffusion : Marie-Lou Kazmierczak – tel. +32 2 537 85 91 – mlk@arts-scene.be

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